Dans la foulée de commentaires publiés la semaine dernière sur certaines pages Facebook, incluant celle de la Ville de Candiac, au sujet de la fin du projet pilote d’une garde en caserne 24/7, la Municipalité a tenu à faire le point sur des propos qui s’avèrent être fallacieux ainsi que sur les enjeux de régionalisation en matière de sécurité incendie. D’emblée, il est important de préciser qu’en aucun cas, Candiac ne minerait la sécurité de ses citoyens.

Dans un premier temps, rappelons que ce projet pilote a été mis en place en avril dernier en raison de la pandémie pour pallier une hausse potentielle du nombre d’interventions provoquée par la COVID-19. À titre indicatif, tout projet pilote, une fois terminé, même s’il est fructueux, comprend un volet évaluation afin de documenter les enjeux, les difficultés rencontrées, les effets, les forces et les faiblesses, les pistes d’amélioration ainsi que la pertinence, les coûts et l’efficacité. Pour bien comptabiliser les données, il faut permettre aux différents intervenants impliqués de réaliser cette étape cruciale d’analyse. Avec une vue d’ensemble, le conseil municipal doit également apporter une réflexion quant à la faisabilité d’une implantation future tout en prenant compte de divers critères.

Schéma de couverture de risque et régionalisation

Certains commentaires laissent sous-entendre que les délais des interventions de nuit en matière de sécurité incendie sont longs et non conformes au schéma de couverture de risques de la MRC de Roussillon, ce qui mettrait à risque la sécurité des citoyens. À ce sujet, nous tenons à souligner que le schéma est régionalisé, ce qui veut dire notamment que la force de frappe et l’optimisation des ressources se font de façon intermunicipale, et ce, de jour comme de nuit. Une répartition entre plusieurs services de sécurité incendie est commune au Québec et se conforme à la Loi sur la sécurité incendie. Citons en exemple le deuxième objectif du document Orientation du ministre de la Sécurité publique en matière de sécurité incendie qui se lit comme suit : 

 En tenant compte des ressources existantes à l’échelle régionale, structurer les services de sécurité incendie, planifier l’organisation et la  prestation des secours, en prévoir les modalités d’intervention de manière à viser, dans le cas des risques faibles situés à l’intérieur des périmètres d’urbanisation définis au schéma d’aménagement, le déploiement d’une force de frappe permettant une intervention efficace. Source : MRC du Roussillon, Schéma de couverture de risques en sécurité incendie, section 4 – planification et optimisation des ressources, p. 20 

Ceci étant dit, les délais d’intervention et le nombre de pompiers en action étaient proprement respectés avant l’implantation du projet pilote et ils continueront de l’être. Le schéma prend en compte les structures des différents services.

Coûts d’implantation d’une garde 24/7

Les coûts d’implantation d’une garde en caserne 24/7 s’élèvent à près d’un demi-million de dollars par année et non de 80 000 à 100 000 $, contrairement à ce que certaines personnes insinuent sur diverses pages Facebook. Lorsque le projet pilote est venu à échéance le 30 juin dernier, la Ville de Candiac était favorable à le poursuivre pour trois mois supplémentaires dans le but de renforcir les données de l’étude. Une décision devait être prise afin d’assurer la continuité du projet. Par souci d’un bon partenariat, Candiac se devait d’obtenir l’accord de sa municipalité cliente en matière de sécurité incendie, la Ville de Delson. Or, cette dernière a refusé de prolonger le projet d’une garde par manque de budget.

Candiac a reçu cette réponse à la négative avec désolation et perçoit la position de la ville cliente comme une minoration du service rendu à la population en matière de sécurité incendie. Tel qu'indiqué dans l’article du Reflet Le Syndicat du service incendie Candiac/Delson déplore la fin de la garde 24/7 paru le 30 juin dernier, le message de Delson est clair. La pandémie ayant généré des coûts de plusieurs centaines de milliers de dollars, cette dernière n’est pas en mesure d’engager des frais supplémentaires non prévus au budget 2020. Elle refuse donc de continuer le projet pilote.

En lien, nous jugeons inconcevable d’exiger aux Candiacois de payer pour un service rendu à une autre municipalité. Le Service de sécurité incendie Candiac/Delson dessert les deux municipalités ; il serait  irréaliste et non éthique de morceler le travail des pompiers.  

Échec d’une implantation en 2018

Au printemps 2018, l’administration de la Ville a entamé des démarches afin d’implanter en décembre 2018 une garde 24/7. Cette formule prévoyait que des sept postes de lieutenant à temps partiel, quatre seraient devenus des postes à temps plein. Le statu quo aurait été appliqué aux trois autres et aucune perte d’emploi n’aurait découlé de cette mesure. Or, cette proposition fut catégoriquement refusée par le syndicat, et ce, sans aucune ouverture à une négociation. L’administration soutient que la proposition initiale était solide et honorable.  

Révocation d’un projet d’unification depuis 2017

D’octobre 2016 à octobre 2017, la direction générale de la Ville de Candiac et la direction du Service en sécurité incendie Candiac/Delson, en étroite collaboration avec la Régie intermunicipale d'incendie de Saint-Constant et Sainte-Catherine, ont piloté un projet visant à unifier les forces des municipalités de Delson, Saint-Constant, Sainte-Catherine et Candiac en matière de protection contre les incendies. En plus de représenter des économies de plusieurs millions de dollars, le scénario assurait aux citoyens des services 24 heures par jour, sept jours sur sept, une couverture de premiers répondants ainsi qu’une force de frappe plus rapide et plus efficace. D’autre part, l’unification des forces aurait permis la création de postes permanents de pompiers et aurait facilité la mobilité des effectifs et des équipements. 

Ce projet a représenté un travail d’arrache-pied ainsi que de nombreux échanges afin d’aboutir à une analyse approfondie et un scénario que nous considérions comme « gagnant-gagnant » pour les quatre municipalités. Or, c’est avec désolation que les négociations n’ont malheureusement pas été fructueuses, les villes de Sainte-Catherine et de Delson ayant rejeté catégoriquement le scénario au détriment de l’ensemble des contribuables des quatre villes.

Quoique Candiac croit toujours fermement en la qualité de la proposition, elle souhaite véritablement continuer à échanger avec toutes les municipalités voisines dans le but d’aboutir à une entente. Depuis le rejet du scénario en 2017, Candiac a apporté de nouvelles propositions de régionalisation permettant de bonifier et d’améliorer les services rendus en matière de sécurité incendie pour les municipalités de Saint-Constant, de Sainte-Catherine et de Delson. D’ailleurs, la seule entente qui peine à survivre est celle sur la prévention des incendies en raison des contestations de la Ville de Sainte-Catherine. Malencontreusement, Delson et Sainte-Catherine  s’entêtent à faire porter le fardeau fiscal sur les villes de Candiac et de Saint-Constant, et ce, au détriment de toute la population, incluant leurs propres citoyens.

En somme, le projet d’unification de 2017, la proposition d’implantation d’un service de garde en caserne en 2018, le respect année après année du schéma de couverture de risques et le projet pilote de 2020 illustrent à quel point la Ville de Candiac met la sécurité des citoyens au cœur de ses priorités.

Publiée le 8 juillet 2020

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